Plus de 1000 nouvelles demandes sont adressées chaque année à l'unité, a expliqué devant la presse le docteur François Hentsch responsable de la consultation multidisciplinaire du psycho-développement. Une centaine de situations sont en liste d'attente.
Il faut parfois jusqu'à neuf mois pour décrocher une consultation, ont déploré les logopédistes. Ce délai n'est pas acceptable, selon les cinq logopédistes de l'unité. D'autant plus qu'un retard de développement du langage s'inscrit souvent dans une problématique plus grave.
Troubles sévères
L'équipe d'intervention thérapeutique précoce, dont l'existence même a été remise en question pour des raisons d'économies, ne peut plus assurer des prestations éthiquement correctes. Ces trois psychologues couvrent 120 institutions de la petite enfance du canton pour repérer les enfants qui souffrent de troubles psychiques et du développement.
Ces psychologues ont été sollicités pour 507 enfants, dont la moitié présentent des troubles très sévères. Par manque de moyens, il leur est difficile d'encadrer correctement les équipes pédagogiques pour répondre aux besoins particuliers de ces enfants.
Fausses économies
Les 21 collaborateurs de l'unité ont ainsi tiré la sonnette d'alarme, entourés des syndicats. «Faire des économies à ce stade-là de la vie va coûter très cher à la société et aux adultes de demain», a relevé une des logopédistes. Pour Corinne Béguelin, secrétaire syndicale au SSP, les économies prévues sont de fausses économies.
Le coup de colère de l'unité de la guidance infantile intervient alors que les HUG préparent leur budget 2014. Les syndicats craignent des économies massives, en particulier dans les services en périphérie des soins. Une lettre recensant les craintes de l'unité de la guidance infantile sera envoyée tout prochainement à Bertrand Levrat, le nouveau directeur des HUG.
Dominique Belli, le chef du département de l'enfant et de l'adolescent aux HUG, a admis que les mesures d'économies qui touchent l'hôpital ont ajouté aux difficultés rencontrées par la guidance infantile. Le fait que plusieurs personnes qui y travaillent sont absentes pour cause de maladie a corsé encore la situation.
La psychiatrie infantile est très utilisée à Genève, a rappelé M.Belli. Environ 10% des enfants de moins de 5 ans ont déjà consulté. La demande est très importante et il a toujours été difficile d'y répondre.
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